Faut le faire ! (le fer ?)

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Le vide et le plein, l’inertie et l’action : une géométrie variable…

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Beaucoup de personnes sont dans un état de vie stationnaire. Rien ne se passe et c’est ce vide qui les inquiète. Sans comprendre réellement pourquoi, c’est dans l’acceptation qu’elles vivent l’instant. L’image du gruyère et de ses trous est une belle métaphore illustrant, le bien fondé de comment mieux « croquer » la vie.

Lorsque la vie amène quelqu’un à se poser des questions, c’est que l’équilibre est…en déséquilibre. Soit dans le trop, l’excessif, le plus, ou à contrario dans le vide, le moins.

Le vide peut être régénérateur lors d’une fatigue par exemple : il est bon alors de se libérer l’esprit par une sieste ou par la méditation… mais lorsque cette vacuité prend trop de place au quotidien, c’est tout l’organisme qui s’atrophie. L’envie de ne rien faire, le sentiment de ne pas faire juste, le ressenti qu’il ne se passe rien accentuent le sentiment d’impuissance, de vide ou d’inutilité. Alors la première chose à faire justement est de ne pas se culpabiliser ce qui ne ferait qu’accentuer le problème.

Prenons un morceau de gruyère : il est composé de pâte, en quelque sorte votre potentiel. Mais tout bon gruyère a des trous (les périodes de vide). La qualité de ce fromage dépend entre autres de la proportion entre le volume de la pâte et celui des trous.

Des périodes de vacuité peuvent ainsi prendre plus de place que des périodes d’action.

Plus il y a de gruyère, plus il y a de trous, mais plus il y a de trous, moins il y a de gruyère ! (vous me suivez ?) Ou autrement dit, en augmentant les actions, et pour garder sa qualité de vie, on augmente du même coup, la nécessité de repos et de vide mental. Si les périodes d’action ne laissent pas de place aux périodes de vide, la machine risque de surchauffer. A l’inverse, plus l’inertie prend de la place moins le potentiel est utilisé. CQFD.

D’abord définissons ce que représentent les fameux trous du gruyère. Ce sont bien sûr les périodes de repos et celles-ci aussi difficiles à gérer soient elles dépendent de la volonté consciente.

Mais il existe des vides plus sournois que sont les désirs non comblés, les rêves non réalisés, peut-être même les fantasmes inassouvis. Ce sont toutes ces actions que l’on a pas pris le temps de faire, ou que l’on a pas estimé que nous étions capables de réaliser, ou encore que notre mental ou inconscient a relégué comme secondaires mais qui laissent une place vide dans notre complétude.

L’acceptation d’alors est une sorte d’échelle, consciente ou non, que le sujet se donne et en deçà de laquelle il ne souhaite pas tomber de peur de frustrations plus ou moins invalidantes. C’est comme si la situation était figée.

Cela peut être suffisant momentanément pour laisser faire les événements et paradoxalement, le non agir fait, alors partie de l’action.

Mais si le sujet décide d’une initiative, au dessus cette barre se situe son évolution vers la plénitude, l’entièreté de son être.

Plus il montra vers le haut, plus il lui sera nécessaire de combler les vides car sans cela, il les accentuera. Plus il glissera vers le bas, moins les manques se feront sentir.

A chacun de définir à quel niveau doit se situer le curseur.

N’oublions pas que la nature a horreur du vide. Aussi l’équilibre va consister à définir le juste positionnement du curseur afin de se rapprocher au mieux de ses souhaits profonds, de ses exigences, de ce qui rendra sa VIE plus intense et pleine, entière, complète.

Plus l’acceptation sera remplacée par le comblement d’un manque, plus le sujet s’enrichira.

Les vides peuvent se situer à plusieurs niveaux et plusieurs endroits.

Échanges intellectuels, vie sociétale, sentiment, créativité, organisation…sont autant de sujets qui, non activés, peuvent « creuser » un individu et ainsi le « conforter » dans ses manques.

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Puis vient ensuite la liste des actes à poser pour remplir ces fameux trous qui, une fois comblés, feront du sujet une personne vivant dans sa plénitude. Dans le mot »plénitude », il y a « plein » et l’action tendra alors a combler tant les besoins physiques, mentaux qu’émotionnels. En effet, se nourrir de petits bonheurs qu’ils soient dans la pâtisserie discrètement savourée au bureau (si, si..ça se fait !), que dans l’échange amical ou amoureux (ça se fait aussi !) ou que le partage d’une belle créativité, fait que la vie nous comble au quotidien de ces délicieux moments nourriciers, encore faut-il faire le pas, saisir l’opportunité et…ne rien refuser qui soit synonyme de VIE.

Laisser s’ouvrir ses désirs, laisser venir à soi les plaisirs, c’est une chose mais OSER aller là où jusqu’à présent la tête ou le cœur freinaient l’élan, c’est cueillir les fruits de la découverte qui mettent de la couleur et de la saveur à la vie jusqu’alors insipide.

Une autre question à se poser est : quelle est la grosseur de la part du gruyère nourrissante pour moi ? Est-ce 100 gr ou 400 gr ?

Les « gros mangeurs de travail », les supers actifs, les décideurs vont se « goinfrer » d’action. Le « faire » sera leur cheval de bataille, d’une manière forcenée, l’action sera leur quotidien. Mais attention, cela peut être une sorte de fuite face à la peur d’aller vers leurs réels besoins ou réelles envies. On voit alors ces personnes foncer dans les actions sans que ces actions soient réellement justes pour elles. C’est une manière de mettre des rustines à leur vie mais la justesse ne se situe pas là car les réels manques et réels désirs ne sont pas comblés.

D’autres plus timorés progresseront lentement selon leur vitalité. Certaines périodes de vide existentiel s’accompagnent souvent d’asthénie, de baisse de fer mais peut-être s’agit-il de baisse de « faire » ?

A vous de juger, de jauger l’opportunité et la densité de vos actions. Faites ce qui vous semble bon de faire au moment, en pleine intuition, en plein désir, en plein élan de VIE. Si l’action est juste, le résultat sera juste, à savoir tendre au mieux vers sa plénitude.

Dans un contexte de déprime potentielle, au lieu d’une « fin de non recevoir » face aux opportunités d’action, je vous invite à : « une faim du recevoir » car avec de gros ou petits trous, la vie mérite d’être croquée à pleine dents. Prenez ce qu’on vous donne et donnez ce que vous avez ! Alors au boulot !

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Photos : gruyère / kooolman.net, archer / radio-canada.ca, escargot /fauneetflore.haplosciences.com

photo d’accueil : http://falcktory.com/savoir-faire

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